Nouvelles Technologies et cognition

 

cognition2

Des applications fonctionnant sur la base du Virtuel Numérique ont été développées pour évaluer, puis réhabiliter les fonctions cognitives comme l’attention, les fonctions exécutives et la mémoire. Certaines applications permettent aussi d’évaluer et d’entraîner les sujets âgés dans des activités de la vie quotidienne pour lesquelles ils peuvent éprouver des difficultés croissantes, amenant progressivement vers un état de dépendance. Le but est donc ici, une fois encore, de retarder la perte d’autonomie.

La réhabilitation cognitive peut être définie comme étant « le processus thérapeutique d’accroissement ou d’amélioration de la capacité d’un individu à traiter et utiliser l’information entrante de façon à permettre un fonctionnement augmenté dans la vie de tous les jours  (Sohlberg et Materr, 1989) ». L’approche réadaptative pure se focalise sur le ré-entraînement systématique de composants des processus cognitifs (attention, mémoire, perception visuelle, résolution de problèmes, fonctionnement exécutif) en considérant les capacités adaptatives du cerveau.
On retrouve l’importance du fonctionnement cérébral en réseau et de la plasticité neuronale, malgré les effets limitatifs de l’âge sur cette dernière. Le but d’intervention de cette pratique est donc d’entraîner des sujets à l’utilisation de stratégies adaptatives et compensatoires afin de lutter contre des affaiblissements cognitifs résiduels. Les personnes âgées peuvent donc, grâce aux NTIC, développer certaines stratégies compensatrices. Ces dernières peuvent également pallier la perte ou la diminution de certaines facultés (comme le téléphone d’Intel qui affiche le visage d’une personne pour l’appeler au lieu du numéro ou du nom).

D’après une étude américaine menée de 1998 à 2004, on a pu constater que certains exercices mentaux auraient des effets bénéfiques à long terme sur les capacités cognitives et fonctionnelles des personnes âgées. L’étude a été menée sur une population âgée de 65 à 95 ans, qui a participé à des épreuves et tests faisant appel à des fonctions cognitives spécifiques. Suite à cela, certaines personnes âgées ont rapporté avoir moins de difficultés à faire un calcul mental (passeportsante.net citant WillisSL, TennstedtSL, et al.).

Grâce à des applications ciblées, les personnes âgées peuvent donc s’entraîner de façon ludique et dynamique afin d’améliorer leur « fonction multitâche » tout en augmentant leur attention. Les résultats vont même plus loin puisqu’il est évoqué que certains jeux vidéo peuvent jouer un rôle « médicamenteux » contribuant à l’atténuation d’un état dépressif ou des trouble déficitaires de l’attention.

L’exemple de NeuroRacer
Dans un rapport de l’UCSF: un jeu de course adaptatif, les scientifiques expliquent avoir passés près de 12 mois à la conception d’un jeu informatique nommé « NeuroRacer ». Le joueur est au volant d’une voiture de course, doit conduire son véhicule le long d’une piste sinueuse, tout en appuyant sur un bouton à chaque fois qu’un cercle vert apparaît. Le jeu est adaptatif, c’est-à-dire qu’il augmente la difficulté automatiquement en fonction des résultats du joueur. Le but de cette application est de mettre à l’épreuve la capacité multitâche d’une personne âgée en la poussant à passer d’une tâche à l’autre de façon rapide et précise. Dans le cadre de cette étude, les participants, âgés de 60 à 85 ans, ont joué durant 12 heures pendant un mois. Les résultants ont été probants puisque à l’issue de l’épreuve, les personnes âgées ont révélé des aptitudes supérieures à un jeune conducteur de 20 ans inexpérimenté et ce pendant une durée de 6 mois. Les chercheurs précisent qu’au vu de leurs résultats, une application numérique conçue sur mesure peut servir « d’outil puissant pour l’amélioration cognitive. »

Mais alors que les jeux d’entraînement cérébraux aident certainement à stimuler et peut-être améliorer les capacités cognitives des personnes âgées en bonne santé, il n’en est pas de même sur une population de personnes âgées ayant contracté une maladie neuro-dégénérative (DFT, Parkinson, Alzheilmer). Les effets bénéfiques de ces applications numériques n’auront aujourd’hui qu’un effet très limité sur leur état de santé…
Cependant, les chercheurs de l’Université Canadienne Simon Fraser se sont penchés sur la question et ont apporté des conclusions plutôt encourageantes. Après plusieurs études, ils sont parvenus à la conclusion que des personnes âgées en maison de retraite souffrant de douleurs chroniques étaient mieux soulagées par l’expérience des univers virtuels numériques que par les prises médicamenteuses répétées. La sur-médication et la iatrogénie médicamenteuse (les risques liés aux médicaments et à leurs interactions entre eux) étant un problème d’actualité chez les Seniors, ces applications numériques constitueraient donc un début de solution plus que valable ! Ils ont d’ailleurs rapporté que les patients immergés dans des environnements virtuels ou très immersifs gèreraient mieux leur douleur ainsi que l’attente entre deux prises de médicaments. Une découverte qui permettrait de réduire la consommation (et donc le coût) des traitements antidouleurs, par exemple.

Il se pourrait donc bien que, dans un avenir proche, des applications numériques soient assimilées à des prescriptions médicamenteuses !